Longtemps, trop longtemps en France, les anorexiques ont été placés en chambre d isolement, quand je parlais tout à l'heure que ct bien d'hospitaliser les jeunes filles anorexiques pour une cure ct pas en chambre d'isolement mais seulement pour quelques semaines. Parfois plusieurs mois, strictement coupés de toute influence familiale censé être à l'origine du trauma originel. Ca je comprend la c un peu abusé soit ils font rien soient ils en font trop c n'importe koi!! Ce long et douloureux parcours hospitalier, souvent terminé par une issue fatale, a été raconté par Patrick et Véronique Poivre D'ARVOR, dans deux livres récents. Cette tragédie à l'origine de la création de d'une Maison des Adolescents nommée à Paris "Maison de Solenn".
Voici ce que l'on lit sur le site de l'association Autrement, avec une analyse du Dr Le Heuzey, pedopsychiatre à l'hopital Robert Debré (Paris) :
Après avoir constaté que cette technique est très ancienne, dans un contexte le plus souvent de forte mentalité infantile ( tuberculose, mauvaise alimentation, etc..), le Dr Le Heuzey constate :
"l'isolement se fait moins rigide et il se limite généralement à la séparation d'avec les parents. Cette séparation s'intègre schématiquement dans deux grands types de traitements hospitaliers :
- Soit des contrats comportementaux où chaque prise de poids est récompensée sur le mode du conditionnement opérant avec des renforcements : ces renforcements sont des activités sociales, occupationnelles, des coups de téléphone, du courrier, des visites. La patiente est donc isolée au départ et, comme dans le schéma de Charcot, la visite est une récompense.
- Soit des contrats d'inspiration psychoanalytique où la séparation est vécue comme une expérience maturante tant pour les parents que pour l'adolescente, nécessaire à une bonne évolution psychique."
Le Dr Le Heuzey poursuit :
"il paraît indispensable de s'interroger sur le bien-fondé de l'isolement ou de sa forme adoucie, la séparation
Pourtant, depuis quelques années, différentes équipes européennes (anglaises, françaises...) et nord-américaines ont renoncé à l'isolement, à la séparation parents/enfant, et souvent à l'hospitalisation elle-même pour différentes raisons que j'évoquerai après avoir évoqué deux vignettes cliniques."
L'isolement, pour l'anorexie, est aujourd'hui une spécificité française. Voilà les recommandations du NIMH (National Institute for Mental Health. USA) sur le sujet :
N.I.M.H. : traitement de l'anorexie
" Le traitement en aigu des pertes de poids sévères comporte habituellement une hospitalisation, ou des plans de nutrition incluent les nécessités médicales et nutritionnelles. Dans quelques cas, une nourriture par intraveineuses est recommandée. Lorsque la malnutrition a été corrigée et que le gain de poids a commencé, une psychothérapie (souvent une thérapie cognitivo-comportementale ou interpersonnelle) peut aider les personnes anorexiques à retrouver une bonne estime de soi, des pensées et des comportement non distordus vis-à-vis de la nourriture. Les familles sont quelquefois incluses dans le processus thérapeutique."
Ce qui est aussi une spécificité française c'est le manque d'interrogation éthique des psychiatres français sur la privation de liberté que constitue l'isolement.
"le questionnement éthique relatif à l'hospitalisation des anorexiques, pourtant présent dans la littérature anglo-saxonne, se retrouve peu dans la littérature française du moins de manière explicite et étiquetée "éthique" . Parmi les médecins que j'ai interviewés un seul semblait véritablement penser que le questionnement éthique dans la prise en charge des anorexiques était pertinent. Nous avons été conduit à faire plusieurs hypothèses à ce sujet, qu'il conviendrait de tester par un travail ultérieur."
Chloé Pineau DEA éthique médicale et biologiques. Paris V.